Paulw
08-05-2005, 09:18 PM
Parlez-vous Francais?
LAURA CANTRELL
Humming By The Flowered Vine
(Matador/Beggars Group)
nouveauté
pop Laura Cantrell… les lecteurs assidus de Crossroads ont déjà eu vent de cette dame, via Parallel Lines (Not The Tremblin’ Kind) et Hot Stuff (The Hello EP). Mais on se répétera volontiers, vu que Laura s’est trouvé un nouveau label, Matador, qui lui donne davantage d’accessibilité en Europe pour ce nouveau disque. Les deux précédents, Not The Tremblin’ Kind (2000) et When The Roses Bloom Again (2002), seulement disponibles en import, sont de vraies merveilles de country/folk/pop/rock clair et mélodieux, du bonheur renouant avec la simplicité des Byrds, des premiers Beatles, des Creedence, ou de Kitty Wells (je te sens moins calé sur cette dernière, cher lecteur !), toujours en plus délicat, aigre-doux, inexprimablement charmant. Pour ce troisième album, Laura confie la production à JD Foster, pour un résultat somptueux, sans jamais être surchargé. De l’art de la richesse en nuances : les douces radiations qu’on trouve ici nous rappellent ces " Yes It Is ", " Girl " et " In My Life " des Beatles, lorsqu’ils tendaient à la volupté tout en gardant une instrumentation acoustique, jamais trop sophistiquée. Laura est toujours supportée par ses musiciens familiers, Jon Graboff aux guitares acoustiques (ce mec est une perle), Mark Spencer aux guitares électriques (autre secret bien gardé) et une certaine Mary Lee Kortes aux harmonies vocales (de Mary Lee’s Corvette, mais oui, la Crossroads Night, souvenez-vous !), mais cette fois de nombreux autres musiciens sont venu étoffer, colorer chaque chanson de touches instrumentales variées (mandoline, Hammond, Marxophone, accordéon, Claviola, Mellotron, Wurlitzer, Moog, piano, etc !), pour donner cette impression générale et très sensorielle de volupté, semblable à une rose qui s’ouvre en libérant lentement son parfum volumineux. Laura a une voix claire d’aquarelle, d’une finesse infinie, qui laisse s’évaporer ses mélodies vers le ciel, notamment sur deux magnifiques nouvelles chansons, " Bees " et " Khaki & Corduroy ". Un autre original, " California Rose ", est plus typiquement rythmé, et rend hommage à Rose Maddox, une artiste country légendaire. Si quelqu’un peut donner à l’audience européenne le goût de la country, c’est bien Laura Cantrell, qui a le chic pour rafraîchir le genre – comme en témoigne sa reprise du " Wishful Thinking " de Wynn Stewart, un hit US de 1960 (Wynn Stewart est un des précurseurs de ce qu'on a appelé la Baskerfield country, influençant aussi bien Buck Owens que Dwight Yoakam). Laura reprend aussi volontiers ses artistes préférés d’aujourd’hui : Jenifer Jackson, Lucinda Williams (des articles furent respectivement consacrés à celles-ci dans les Crossroads 26 et 22). De Jenifer elle reprend " What You Said " (qu’on trouve sur Birds de cette dernière), une version up tempo joyeuse (avec violon, accordéon, handclapping), et de Lucinda un inédit intitulé " Letters " (que Lucinda n’a jamais enregistré). L’ album s’ouvre sur le charmant " 14th Street ", écrit par une certaine Emily Spray, artiste peu connue de New York (cette chanson lui aurait été inspirée par Richard Hell & The Voidoids). Enfin, ce très bel objet (pochette signée Fred Tomaselli) est dédié au regretté John Peel, le fameux DJ de la BBC, qui fut un des plus ardents supporters de Laura. Mes plus sincères félicitations aux gens du label Matador pour supporter à leur tour cette chanteuse unique, une des plus fines fleurs de la chanson actuelle, doublée d’une auditrice attentive et passionnée, qui sait aussi nous faire découvrir les meilleurs artistes d’hier et d’aujourd’hui. Hugues Orsetti
LAURA CANTRELL
Humming By The Flowered Vine
(Matador/Beggars Group)
nouveauté
pop Laura Cantrell… les lecteurs assidus de Crossroads ont déjà eu vent de cette dame, via Parallel Lines (Not The Tremblin’ Kind) et Hot Stuff (The Hello EP). Mais on se répétera volontiers, vu que Laura s’est trouvé un nouveau label, Matador, qui lui donne davantage d’accessibilité en Europe pour ce nouveau disque. Les deux précédents, Not The Tremblin’ Kind (2000) et When The Roses Bloom Again (2002), seulement disponibles en import, sont de vraies merveilles de country/folk/pop/rock clair et mélodieux, du bonheur renouant avec la simplicité des Byrds, des premiers Beatles, des Creedence, ou de Kitty Wells (je te sens moins calé sur cette dernière, cher lecteur !), toujours en plus délicat, aigre-doux, inexprimablement charmant. Pour ce troisième album, Laura confie la production à JD Foster, pour un résultat somptueux, sans jamais être surchargé. De l’art de la richesse en nuances : les douces radiations qu’on trouve ici nous rappellent ces " Yes It Is ", " Girl " et " In My Life " des Beatles, lorsqu’ils tendaient à la volupté tout en gardant une instrumentation acoustique, jamais trop sophistiquée. Laura est toujours supportée par ses musiciens familiers, Jon Graboff aux guitares acoustiques (ce mec est une perle), Mark Spencer aux guitares électriques (autre secret bien gardé) et une certaine Mary Lee Kortes aux harmonies vocales (de Mary Lee’s Corvette, mais oui, la Crossroads Night, souvenez-vous !), mais cette fois de nombreux autres musiciens sont venu étoffer, colorer chaque chanson de touches instrumentales variées (mandoline, Hammond, Marxophone, accordéon, Claviola, Mellotron, Wurlitzer, Moog, piano, etc !), pour donner cette impression générale et très sensorielle de volupté, semblable à une rose qui s’ouvre en libérant lentement son parfum volumineux. Laura a une voix claire d’aquarelle, d’une finesse infinie, qui laisse s’évaporer ses mélodies vers le ciel, notamment sur deux magnifiques nouvelles chansons, " Bees " et " Khaki & Corduroy ". Un autre original, " California Rose ", est plus typiquement rythmé, et rend hommage à Rose Maddox, une artiste country légendaire. Si quelqu’un peut donner à l’audience européenne le goût de la country, c’est bien Laura Cantrell, qui a le chic pour rafraîchir le genre – comme en témoigne sa reprise du " Wishful Thinking " de Wynn Stewart, un hit US de 1960 (Wynn Stewart est un des précurseurs de ce qu'on a appelé la Baskerfield country, influençant aussi bien Buck Owens que Dwight Yoakam). Laura reprend aussi volontiers ses artistes préférés d’aujourd’hui : Jenifer Jackson, Lucinda Williams (des articles furent respectivement consacrés à celles-ci dans les Crossroads 26 et 22). De Jenifer elle reprend " What You Said " (qu’on trouve sur Birds de cette dernière), une version up tempo joyeuse (avec violon, accordéon, handclapping), et de Lucinda un inédit intitulé " Letters " (que Lucinda n’a jamais enregistré). L’ album s’ouvre sur le charmant " 14th Street ", écrit par une certaine Emily Spray, artiste peu connue de New York (cette chanson lui aurait été inspirée par Richard Hell & The Voidoids). Enfin, ce très bel objet (pochette signée Fred Tomaselli) est dédié au regretté John Peel, le fameux DJ de la BBC, qui fut un des plus ardents supporters de Laura. Mes plus sincères félicitations aux gens du label Matador pour supporter à leur tour cette chanteuse unique, une des plus fines fleurs de la chanson actuelle, doublée d’une auditrice attentive et passionnée, qui sait aussi nous faire découvrir les meilleurs artistes d’hier et d’aujourd’hui. Hugues Orsetti